En septembre 2007, le Californien Sebastian Gum Chung Segraves et le Sud-Africain Daniel Laruelle, deux slackliners professionnels, montrent l’étendue de leur talent au Moléson, dans le canton de Fribourg. Photo: Swiss Press Photo 18 / Michael Buholzer

L’aspect dynamique

Pour prendre un cliché parfait, les photographes de sport ont besoin non seulement d’un équipement approprié mais aussi d’un oeil aguerri et de feeling afin d’appuyer au bon moment sur le déclencheur.

La photographie de presse constitue sans doute la discipline reine de la photo. Capter une émotion et raconter toute une histoire au moyen d’une seule image s’apparente en effet à de l’art. Les clichés de sport représentent un défi supplémentaire car l’aspect dynamique complique singulièrement les choses. Immortaliser au bon moment la souffrance d’un footballeur qui essaie de contrôler un ballon dans les airs malgré un adversaire collé à ses basques est une prouesse presque aussi impressionnante que le geste sportif lui-même : « Il faut aussi un peu de chance pour réussir une photo de sport parfaite », confie Alessandro Della Bella, qui a longtemps travaillé comme photographe de sport. Mais le hasard ne fait pas tout : il faut appuyer au bon moment sur le déclencheur. C’est une question de feeling! « Il s’agit de capter les actions décisives en mettant l’accent sur le mouvement et les émotions », raconte Tobias Gysi, chef photographe au sein du groupe Blick. D’autres aspects tels que l’emplacement et l’angle de vue jouent un rôle crucial. Enfin, il importe de bien connaître les spécificités des différentes disciplines : « Le photographe doit comprendre le sport et se montrer extrêmement réactif. Il faut pouvoir rester 100 pour cent concentré pendant toute la durée du match. C’est une condition sine qua non ! »

Pas de chance pour le Macédonien Luka Bozhinovski lors du slalom géant des Mondiaux de St-Moritz en février: il perd un ski et se retrouve éliminé. Photo: Swiss Press Photo 18 / Jean-Christophe Bott

Le choix de la photo

Une fois que les clichés sont pris, il reste à sélectionner les meilleurs. Le type de média auquel ils sont destinés – imprimé ou électronique – se révèle ici d’une importance essentielle. « Pour les supports en ligne, il est globalement préférable de faire des vues rapprochées. On dispose théoriquement d’une place illimitée, ce qui permet de raconter des histoires au moyen de séries d’images et de galeries. Dans les médias imprimés, en revanche, les contraintes d’espace rendent la sélection encore plus essentielle. La presse réclame aussi un peu plus de distance car il faut souvent ajouter des titres sur les photos. » Le monde des photographes sportifs est petit: « On entretient des rapports collégiaux et on essaie de s’entraider », ajoute Tobias Gysi. Ceux qui, à l’image d’Alessandro Della Bella, exercent ce métier depuis longtemps nouent également des relations privilégiées avec les athlètes. On se connaît et on s’apprécie. Il arrive que l’on prenne un verre ensemble pendant les Jeux olympiques. Pour Alessandro Della Bella, les JO sont l’événement numéro un, presque l’Olympe de la photographie sportive.

 

Swiss Press Photo 18

Musée National Zurich

4.5. – 1.7.2018

Swiss Press Photo 18 revient sur les meilleures images parues dans la presse suisse au cours de l’année qui vient de s’écouler. L’exposition montre non seulement le talent des professionnels helvétiques mais permet aussi de se replonger dans les événements qui ont marqué 2017. Face au flot incessant d’actualité qui nous parvient chaque jour, il n’est pas facile d’opérer le tri entre l’essentiel et l’accessoire. La manifestation, qui s’organise selon six catégories (Actualité, Quotidien, Reportages suisses, Portraits, Sport et Ėtranger) nous aide à y voir plus clair.

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Andrej Abplanalp
Historien et chef de la communication du Musée national suisse.

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