Reconstitution d’une sandale romaine en cuir avec une semelle cloutée. Photo: Musée national suisse

La sandale romaine est la pierre angulaire de l’édifice de l’Empire romain.

Qu’est-ce qui a contribué en premier au succès de Rome? Ses armes modernes? Ses stratégies fantastiques? Son économie florissante? Non, ce sont ses chaussures solides.

Rome serait quand même devenue une puissance mondiale avec d’autres politiciens ou avec d’autres armes, mais pas avec d’autres chaussures. On a volontiers occulté le rôle de la sandale romaine dans la construction de l’Empire. C’était pourtant elle qui permettait aux soldats de parcourir de longues distances. Elle était bien aérée de sorte qu’elle réduisait la transpiration et empêchait ainsi la formation d’ampoules. De plus, sa semelle était renforcée par des clous qui assuraient sa stabilité. Sans leurs sandales, les romains n’auraient pas pu conquérir d’autres pays, y installer leur administration et bâtir un empire.

La plupart du temps, les romains marchaient sur des routes viabilisées. Pendant sa conquête de la Gaule, Jules César a été le premier à construire de grandes voies romaines en dehors de l’Italie, et donc également en Suisse. Pour construire ces «viae militares», on a d’abord creusé le lit de la route, puis on l’a remplit de sable, de graviers et d’éboulis avant de le recouvrir avec des pavés. De nos jours, les routes sont toujours construites de cette manière. Les routes étaient régulièrement jalonnées d’auberges et pour les voyageurs particulièrement pressés, des relais permettaient de changer de monture.

Semelles cloutées d’une sandale romaine. Photo: Musée national suisse

Les villes helvètes d’Aventicum, Vindonissa et Augusta Raurica étaient reliées par ces «autoroutes». La voie romaine qui longeait le Pied sud du Jura bifurquait au niveau d’Oensingen, traversait les gorges en direction du nord, puis menait jusqu’au Rhin en passant par le Haut-Hauenstein. Il est probable que les troupes romaines aient emprunté cette route lorsqu’en 275 ap. J.-C., des troubles semblables à une guerre civile ont eu lieu à Augusta Raurica. Non loin du col, par lequel la route passe, se trouve un impressionnant chemin creux, encore praticable, qui a été creusé dans la roche et qui a donné son nom à «Hauenstein». Cependant, on ne peut pas affirmer avec certitude que les soldats sont effectivement passés par ce chemin. De récentes recherches ont révélé que la voie romaine passait certes par ledit col, mais à un autre endroit. Le chemin creux ne daterait donc pas de l’époque romaine de sorte que l’inscription «voie romaine» a été remplacée par celle de «chemin historique». Comme on dit en latin: «Dies diem docet» («Chaque jour en instruit un autre» ou en d’autres termes: on en apprend un peu plus chaque jour).

Une fresque historique en 100 épisodes

Benedikt Meyer
Benedikt Meyer est historien et chroniqueur. Il écrit entre autres pour le magazine de voyage Transhelvetica.

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