Le billet de banque imaginé par Edmond Bille est demeuré à l’état d’ébauche. Photo: Musée national suisse

L’histoire d’un billet de banque qui n’a jamais vu le jour

Concevoir du papier-monnaie relève de l’art. Or, contrairement à la nouvelle coupure de 10 francs, toutes les ébauches ne finissent pas dans le portefeuille de nos concitoyens. Revenons sur l’histoire d’un billet qui a failli avoir cours…

La conception d’un billet de banque impose de respecter le cahier des charges très sévère du mandant. Les directives concernent le texte, le concept graphique, la taille et la palette de couleurs. L’ébauche en lice qui réussit à répondre point par point à toutes les demandes, doit ensuite être reproduite par un graveur sur une plaque de cuivre.

Après plusieurs tentatives ratées de proposer sa propre ébauche pour le billet de 50 francs, la Banque nationale suisse lance en 1921 un concours public afin de créer une nouvelle coupure. Quelque 180 artistes répondent à l’appel, parmi lesquels des noms illustres tels que Wilhelm Hartung, Hannes Häfliger et Edmond Bille. Le célèbre peintre neuchâtelois soumet deux projets et remporte le deuxième prix. Au total, 24 dossiers sont récompensés. Les deux esquisses de Bille sont conservées par la Banque nationale suisse. Une troisième, qui représente le recto du billet de 50 francs, est aujourd’hui la propriété du Musée national suisse. La composition retenue par Edmond Bille dépeint une scène de la mythologie helvétique: un jeune homme se tenant aux côtés d’un taureau apprivoisé.

Le concours de 1921 demeure toutefois sans suite, la BNS renonçant à l’émission d’un nouveau billet. A cette époque, la Suisse ne dispose pas du savoir-faire pour produire des coupures satisfaisant aux exigences de la BNS en termes d’esthétique et de protection contre la contrefaçon. Dans l’entre-deux-guerres, les différents essais échouent. Ce n’est qu’à partir des années 1970 que les billets à valeur faciale élevée (supérieure ou égale à 50 francs) peuvent être imprimés en Suisse, et non plus à Londres, chez Waterlow & Sons ou De la Rue. Les coupures de 10 et de 20 francs sont quant à elles fabriquées par Orell Füssli. Au final, le billet de 50 francs dessiné par Ferdinand Hodler en 1910 et orné d’un bûcheron reste en circulation jusqu’au milieu des années 1950.

De nos jours, la Suisse imprime ses billets elle-même, à l’instar du dernier en date, celui de 10 francs. Last but not least: chaque année, la plus belle coupure du monde est distinguée. En 2016, c’est notre billet de 50 francs qui a eu les honneurs.

Le recto du projet d’Edmond Bille. Photo: Banque nationale suisse

Le Neuchâtelois avait soumis deux variantes pour le recto, dont celle montrant le serment du Grütli. Photo: Banque nationale suisse

Sur la deuxième version, Edmond Bille a représenté une scène de la mythologie suisse: un jeune homme aux côtés d’un taureau apprivoisé. Photo: Musée national suisse

Les nouveaux billets de 10 francs. Photo: Banque nationale suisse

Musée national suisse on EmailMusée national suisse on FacebookMusée national suisse on InstagramMusée national suisse on TwitterMusée national suisse on WordpressMusée national suisse on Youtube
Musée national suisse
Le Musée national suisse (MNS) est l’unité administrative faîtière qui regroupe trois musées : Le Musée national Zurich, le Château de Prangins et le Forum de l’histoire suisse à Schwyz, ainsi que le centre des collections d’Affoltern am Albis. Les musées consacrent leurs expositions à l’histoire de la Suisse, depuis les époques les plus reculées jusqu’à aujourd’hui ; ils fournissent ainsi leur contribution à l’étude des identités suisses et des contrastes et de la variété qui marquent notre histoire et notre culture. Des expositions temporaires sur des sujets plus en prise sur l’actualité complètent leur offre.

Catégories

Sharing is caring
Sharing is caring

Votre commentaire





Simple Share Buttons