
Sport et publicité, une histoire d’amour tourmentée
De nos jours, le sport est avant tout une affaire d’argent. S’il n’en a pas toujours été ainsi, force est de constater que l’argent gouverne le monde, et par extension celui du sport, depuis bien longtemps.
Prenons une photographie de sport de haut niveau contemporaine: difficile de ne pas remarquer les imprimés sur les maillots, les panneaux publicitaires, les casques et pantalons ornés de noms de sponsors ou les banderoles d’arrivée. L’œil a fini par s’habituer à ce matraquage visuel permanent. Nous avons appris, dans une certaine mesure et de manière inconsciente, à ne pas faire cas de la publicité qui nous entoure. Nous reconnaissons également très vite les photographies issues du sport amateur ou les clichés anciens, où font non seulement défaut les corps surentraînés, mais aussi les murs de sponsors, les noms et les imprimés sur les maillots. Autre indice: les photographies anciennes renvoient souvent à des marques depuis longtemps disparues.
Si la publicité à grande échelle demeura longtemps exclue des compétitions, Kodak posa les premiers jalons de l’étroite relation qui devait unir la promotion commerciale et le monde sportif. D’Ovomaltine comme boisson promettant de meilleures performances aux épreuves de ski ou de cyclisme, aux appareils photo, en passant par les montres et chronographes pour la mesure du temps, les produits présentaient toujours un lien, ne serait-ce qu’indirect, avec le sport pratiqué.
La publicité, qu’elle soit destinée à des maillots ou à des banderoles, doit aujourd’hui encore être approuvée par la fédération concernée. À défaut, les conséquences financières peuvent être lourdes, par exemple lorsque l’UEFA estime l’impression publicitaire trop importante lors des compétitions entre les clubs européens. Ou, pire encore, en l’absence pure et simple d’approbation: ainsi, alors que le FCZ menait une campagne de votation pour la construction du stade à venir, et que les joueurs s’élançaient sur le terrain avec leur maillot orné d’un «JA zum Stadion» («OUI au stade»), la commission disciplinaire de la Swiss Football League condamna rétroactivement le FC Zürich à verser une amende de 20 000 francs. Le club avait en effet omis de soumettre pour approbation cette publicité sur les équipements sportifs en temps utile.
Swiss Sports History

Ce texte est le fruit d’une collaboration avec Swiss Sports History, le portail consacré à l’histoire du sport suisse. Ce dernier a pour vocation de fournir des services de médiation scolaire ainsi que des informations aux médias, aux chercheurs et au grand public. Pour en savoir plus, rendez-vous sur sportshistory.ch.


