La Banque nationale suisse, fondée en 1907, émit cette même année ses premiers billets.
Musée national suisse

Le franc suisse

La Suisse et son franc, une histoire d’amour certes grande mais relativement jeune. C’est un Français qui en fut à l’origine...

Benedikt Meyer

Benedikt Meyer

Benedikt Meyer est historien et écrivain.

Napoléon, bien sûr! L’homme qui introduisit en Suisse le système métrique et un gouvernement central lui imposa également une monnaie unique en 1799: le franc suisse. Mais en 1803, l’empereur Corse avait fait son temps en Suisse et les cantons détinrent à nouveau le monopole de la frappe des monnaies. Jusqu’à ce que la création d’une monnaie unique redevienne un thème central en 1848, avec la fondation de l’État fédéral. C’est ainsi qu’à partir de 1850, le nouveau franc fut frappé, dans un premier temps à Paris, puis à Berne.

Les billets, encore relativement exotiques et sans importance majeure au XIXe siècle, furent quant à eux émis par les cantons. Les pièces avaient un rôle central et leur valeur était fixée sur l’argent. En 1865, la Suisse adhéra à l’Union monétaire latine. Les francs suisses furent alors acceptés en France, en Belgique, en Italie et plus tard en Grèce – et inversement les monnaies de chacun de ces pays, en Suisse. Par ailleurs, la politique monétaire suisse fut de ce fait définie à Paris. Le bimétallisme or/argent fut adopté dans un premier temps, puis le monométallisme or.

Pièce de quatre francs de la République helvétique datant de 1799.
Musée national suisse

Il fallut attendre 1907 pour que la Suisse fonde sa première banque centrale. Celle-ci émit la même année ses premiers billets, continuant pour le reste de s’aligner sur Paris, jusqu’à ce que l’Union monétaire latine soit dissoute durant la Première Guerre mondiale. Lorsque la plupart des pays abandonnèrent l’étalon or en raison de la crise économique en 1929, la Banque nationale suisse resta fidèle à la convertibilité franc-or. C’est ainsi que, durant la Seconde Guerre mondiale, l’Allemagne nazie échangea de l’or dérobé contre des francs suisses, afin d’acquérir du matériel de guerre. La Suisse participa à ces échanges. Disposait-elle d’une marge de manœuvre? La question demeure controversée.

Tout comme les autres monnaies d’Europe de l’Ouest, le franc suisse fut indexé sur le dollar à partir de 1945. Ce système stimula le miracle économique de l’après-guerre, mais rencontra des difficultés en 1973. Dès lors, la Suisse adopta un régime de taux de change flottants et le franc suisse fut réévalué de 40 à 60% par rapport aux principales monnaies de référence jusqu’à la fin de la décennie, grâce à quoi la Suisse devint un «îlot de cherté». L’attractivité du franc était, entre autres, due au secret bancaire et au système politique axé sur la stabilité.

Le «non» à l’Espace économique européen en 1992 fut également un «non» à l’euro. Depuis, la banque nationale suit une politique monétaire axée sur la stabilité des prix. Le hasard et des décisions habiles permirent de faire du franc une monnaie de stature internationale, malgré la taille réduite du pays.

Le «non» à l’Espace économique européen en 1992 fut également un «non» à l’euro.
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