Les abris antiatomiques – un phénomène suisse
Sous les maisons individuelles, les immeubles résidentiels et les établissements publics se cachent en Suisse près de 360 000 abris antiatomiques. Aujourd’hui transformés en cave à vin, salle de loisir ou encore débarras, ils ont pour la plupart été créés durant la Guerre froide.
Le 24 mai 1959, la majorité (62,3%) des hommes suisses ayant le droit de vote s’est exprimée en faveur d’un article sur la protection civile dans la Constitution fédérale. Replaçons ce projet politique dans son contexte historique: la Seconde Guerre mondiale et ses terribles bombardements ainsi que l’utilisation de deux bombes atomiques contre le Japon ont montré à la population les conséquences drastiques de la guerre. Durant les deux décennies qui ont suivi cette guerre mondiale, les États-Unis, l’Union soviétique, la Grande-Bretagne, la France et la Chine ont constitué leur arsenal d’armes nucléaires. En Suisse, quelques «faucons» de l’armée et de la sphère politique étaient par conséquent d’avis que la réponse juste était aussi de se doter de l’arme nucléaire. C’est pourquoi en 1946, le conseiller fédéral Karl Kobelt a délivré secrètement le mandat de «fabrication d’une bombe suisse ou de tout autre dispositif de guerre adapté reposant sur le principe de l’énergie atomique». Celui-ci n’a jamais été mené à bien. En revanche, la construction d’abris antiatomiques s’est poursuivie intensément. Le but? Protéger la population et les moyens de subsistance en cas d’accident majeur de grande portée, de catastrophe, de situation de crise et de conflit armé. Et l’office fédéral de la protection civile (OFPC) a été fondé en 1963.
«La vie dans l’abri»: ce documentaire de l’office fédéral de la protection civile datant de 1984 expose les consignes les plus importantes à respecter en cas de vie dans un abri antiatomique suite à une catastrophe. Condor Documentaries Zürich / VBS








