
Des Tessinois aux côtés des partisans italiens
Durant les deux dernières années de la Seconde Guerre mondiale, des partisans combattirent la Wehrmacht et ses alliés dans la région de Domodossola, en Italie. Des Suisses se joignirent à cette lutte en apportant leur aide, mais aussi en prenant les armes.
Plusieurs hommes, principalement originaires du Locarnais, soutinrent activement les partisans des vallées de l’Ossola, voire combattirent dans leurs rangs contre les Allemands et les fascistes italiens. Ce fut le cas de Silvio Baccalà de Brissago qui, la journée, exerçait le métier de jardinier au Gewerkschaftshotel Brenscino et, la nuit, accompagnait les partisans sur les sentiers du Gridone en direction de la vallée de Cannobina. Ou encore de Vincenzo Martinetti, le père de la chanteuse à succès tessinoise Nella Martinetti. Il combattit dans les rangs du groupe de partisans Divisione Piave, devenant rapidement l’un de ses membres les plus importants. Vincenzo Martinetti organisa le transport de matériel, d’armes ainsi que d’hommes et de femmes à travers la frontière.
La résistance au fascisme dans les vallées de l’Ossola comportait de nombreuses facettes. Un examen plus approfondi s’impose afin de mieux la comprendre.
Une multitude de petits groupes
Il est difficile de déterminer le nombre réel de partisans dans les vallées de l’Ossola. Une pratique courante parmi les groupes de résistants consistait à employer des désignations suggérant des effectifs largement supérieurs à la réalité (Bande, Brigate, Divisioni). Quelques dizaines de partisans pouvaient ainsi déjà former une brigade, tandis que quelques centaines de combattants constituaient une division. De telles exagérations visaient à perturber et à intimider l’adversaire. Les partisans espéraient en outre obtenir un ravitaillement plus important de la part des Alliés, une aide dont ils avaient urgemment besoin compte tenu de la faiblesse de leur équipement.
Un équipement lacunaire
Ces armes passaient la frontière par les chemins de contrebandiers sur lesquels étaient jadis acheminés des denrées alimentaires et du tabac. Elles étaient fournies par les Alliés, mais provenaient parfois aussi de sources douteuses. Leur transport était généralement assuré par des Suisses, bien qu’il arrivait également que les partisans passent la frontière pour aller les récupérer. La frontière suisse était en particulier très perméable pour la Divisione Piave, dont Vincenzo Martinetti assurait la logistique.
Communisme contre anticommunisme
Cinq groupes de partisans étaient actifs dans les vallées de l’Ossola entre 1943 et 1945, allant des fidèles de la monarchie aux combattants communistes. En simplifiant à l’extrême, on peut diviser les résistants en deux grands camps politiques: les unités Garibaldi, communistes, et les autres formations de partisans, plus ou moins anticommunistes.
La résistance comptait également d’autres femmes dans ses rangs. À l’instar de Gisella Floreanini, partisane et membre du gouvernement de la République d’Ossola, où elle devint la première ministre féminine de l’histoire de l’Italie. Ou encore de l’infirmière Maria Peron, qui soignait les combattants blessés et les opérait si nécessaire. À Locarno également, les partisans de l’Ossola bénéficiaient du soutien d’une femme: Gaby Antognini. Cette Tessinoise cacha notamment des partisans échappés de camps d’internement suisses et les aida à repasser la frontière pour poursuivre le combat contre les occupants allemands et fascistes.


