
Traces de censure
En périodes de troubles politiques, notamment pendant les deux guerres mondiales, la correspondance militaire, mais aussi privée, se retrouva dans le viseur des autorités de censure étatiques. Cette censure n’avait rien de secret: elle laissait délibérément des traces.


Enveloppes marquées du sceau de la censure. Bibliothèque de la Bourgeoisie de Berne
Une vie entre Berne et Barcelone
De petites taches d’encre
Une odeur de censure
Quelques-unes de ses lettres de l’époque dégagent aujourd’hui encore une odeur âcre, d’autres présentent des efflorescences salines, tandis que certains documents semblent avoir été complètement «imprégnés». Les modes d’application des solutions étaient similaires à ceux qui furent utilisés par la suite. Les encres sympathiques étaient toutefois plus rudimentaires: au début du 20e siècle, les messages secrets étaient écrits avec des solutions salines qui redevenaient visibles sous l’effet de la chaleur. L’encre sympathique était parfois fabriquée avec de l’aspirine et de l’eau. Pour la faire réapparaître, il suffisait d’appliquer une solution à base d’alcool, d’eau, de nitrate de potassium, d’acide acétique et de tétrachlorure de carbone. Les lettres d’Helene furent peut-être contrôlées avec une solution de ce type, ce qui pourrait expliquer les efflorescences salines.
Archives de la famille von Wild
La censure de la correspondance privée est parfaitement documentée dans les archives de la famille von Wild. Les lettres contrôlées constituent bien plus que des reliques familiales. Elles témoignent d’une forme de censure qui s’immisçait profondément dans la correspondance privée. Les archives de la famille ont été inventoriées par la Bibliothèque de la Bourgeoisie de Berne et sont désormais consultables dans le catalogue.


