
«Le jeu vidéo, jusqu’à l’excès»
Dans les années 1900, l’engouement pour les consoles «de salon» amène la presse à s’intéresser de plus en plus au sujet. Un regard sur les journaux romands de l’époque montre comment les jeux vidéo étaient abordés.
L’intérêt pour les jeux vidéo grandit
A cette période, les consoles dites «de salon» de Nintendo et de Sega connaissent un grand engouement en Suisse et les jeux vidéo deviennent «les jouets» les plus vendus en 1992. Quatre ans plus tard, la sortie de la PlayStation de Sony, qui représentera 80% du marché suisse du jeu vidéo, renforcera encore cette médiatisation.
Une activité pour les jeunes garçons
Si certains journalistes incluent tout de même les adultes dans la catégorie des joueurs, les plus âgés sont très souvent décrits comme incapables de comprendre les jeux. Un journaliste de La Liberté s’adresse par exemple directement aux lecteurs sur ce ton: «Vous n’avez rien compris à cette conversation enfantine. Vous ne connaissez ni ‹SuperMario›, le fringant plombier italien, ni ‹Sonic›, le gentil hérisson bleu. Pas de panique! Vous êtes tout simplement hors circuit, déconnectés des joies électroniques des années nonante.»
Les qualités des jeux vidéo
Le ton est néanmoins plus élogieux lorsque le journaliste parle de jeux d’ordinateur par rapport aux jeux sur consoles. En 1991, Le Nouveau Quotidien affirme que ces derniers sont «à quelques années-lumière de ce monde studieux» incarné par les jeux éducatifs sur micro-ordinateurs Atari et Amiga.
La menace de la violence
Des jeux vidéo, comme le troisième volet de Mortal Kombat, font parler d’eux. A sa sortie, l’Express parle de «violence démesurée, sadique et cruelle» et la Gazette de Lausanne titre «Le sang gicle à flots sur les écrans vidéo».
L’addiction sans cesse rappelée
Une enquête publiée dans La Liberté en 1993 intègre, d’un côté, le professeur de pédagogie qui explique qu’il interdit en tant que père «toute consommation de tels jeux en soirée» et, de l’autre, une spécialiste en nervosité qui affirme que «l’exagération dans la consommation de jeux vidéo […] est nuisible.» Dans le texte, les joueurs sont qualifiés de «vidéomaniaques», «nintendomaniaque», «adepte de console», «accros» et le jeu vidéo de «nouvelle forme de griserie électronique».
Un discours qui prévaut encore
Malgré la publication d’enquêtes journalistiques approfondies sur les aspects économiques, sociaux ou culturels des jeux vidéo et de ses pratiques, dont l’e-sport, le traitement médiatique des jeux vidéo par la violence et l’addiction reste encore prégnant dans la presse romande.


