
Plus citoyennes suisses après le mariage
Jusqu'au milieu du XXe siècle, de nombreuses femmes perdaient leur nationalité suisse lorsqu'elles épousaient un étranger. Parfois avec des conséquences fatales.
La déchéance de la nationalité n’est pourtant ancrée dans le droit qu’en tant que droit coutumier. Ni les Constitutions fédérales de 1848 et de 1874, ni le Droit civil ne la prévoient. Il existe en revanche depuis 1808 un concordat entre les cantons, en vertu duquel les femmes reprennent le lieu d’origine de leur mari en se mariant. Pour des raisons tant sociales que de pratique juridique, les femmes mariées perdent ainsi la citoyenneté héritée de leur père, ou dans certains cas exceptionnels, de leur mère. On considère comme évident qu’il en soit également ainsi en cas de mariage entre une Suissesse et un étranger, comme cela se fait d’ailleurs dans de nombreux pays européens. Les femmes obtiennent en revanche par mariage le droit de la nationalité de leur mari, ce qui permet d’éviter la problématique toujours très controversée de la double nationalité et de sauvegarder une unité de citoyenneté au sein de la famille, facilitant de ce fait l’administration et l’application du droit des étrangers.
L’impitoyable politique des droits de citoyenneté en Suisse




