
Se réfugier en Suisse
La guerre entre la Russie et l’Ukraine pousse les populations vers l’ouest. Ce n’est pas la première fois que la Suisse accueille des personnes réfugiées en provenance de l’est, comme nous le montre ce bref aperçu historique.
Ce positionnement fort est sans doute en partie alimenté par la répression de l’insurrection hongroise par l’Armée rouge à l’automne 1956. À l’époque, plus de 200 000 Hongroises et Hongrois fuient à l’étranger. Environ 13 000 de ces ressortissants sont accueillis à bras ouverts par la Suisse, sans procédure de demande d’asile. L’intégration de ce petit groupe de personnes, souvent dotées d’un bon niveau de qualification et sans perspective de retour, s’est déroulée sans difficulté, du point de vue suisse.


Difficile, pour l’heure, d’estimer le nombre d’Ukrainiennes et d’Ukrainiens qui se rendront en Suisse. Il est certain qu’il ne s’agit pas de l’une des premières destinations demandées: en 2020, seules 7000 personnes possédant la nationalité ukrainienne vivaient dans notre pays. Cependant, celles et ceux qui arriveront pourront compter sur l’empathie et la solidarité de la population locale, ainsi que sur la simplicité des procédures administratives. Le statut de protection S est activé pour la première fois: il permet aux réfugiés ukrainiens d’obtenir un droit de séjour en Suisse, de faire venir les membres de leur famille, de rechercher un emploi et de bénéficier de l’aide sociale ainsi que d’une prise en charge médicale. La Suisse se range ainsi aux côtés de l’UE, qui a déjà adopté une directive de protection temporaire garantissant des droits similaires.


