
Les Tessinois et la ruée vers l’or australienne
En août 1854, Giovanni Antonio Palla et Tommaso Pozzi retournèrent au Tessin après avoir fait fortune dans les mines d’or de l’État australien de Victoria, au sud-est de l’île. La nouvelle de leur arrivée se répandit comme une traînée de poudre et déclencha une véritable vague d’émigration. Bien que seule une faible proportion des 2000 chercheurs d’or tessinois firent fortune durant la ruée vers l’or australienne des années 1850, ces immigrés laissèrent leur empreinte dans le pays.
Les journaux tessinois avaient évoqué la ruée vers l’or australienne dans le Victoria dès 1853, tandis que les agents de voyage romands et alémaniques ne cessaient de souligner la réussite fulgurante d’autres chercheurs d’or. Les filons découverts à Bathurst en Nouvelle-Galles du Sud, et plus tard à Ballarat et Bendigo dans le Victoria étaient en effet spectaculaires. À Bendigo, 2,3 kilos d’or ont été extraits d’un seul seau de terre en 1851, première année de la ruée vers l’or. Des villages de tentes recouvrirent bientôt les grandes étendues du Victoria brûlées par le soleil, alors que des hommes du monde entier affluaient pour tenter de devenir riches. De nombreux Tessinois pauvres et illettrés, originaires des montagnes, ne purent se permettre de laisser passer cette opportunité de faire fortune en Australie.




La chance de certains Tessinois tourna: les tailleurs de pierre de formation trouvèrent en effet immédiatement un emploi lucratif à Hunter’s Hill, une banlieue verdoyante de Sydney. Les tailleurs de pierre tessinois construisirent bâtiments publics, maisons privées, églises et bureaux, dont beaucoup subsistent encore de nos jours. De nombreux Australiens et Australiennes tendirent également la main aux malheureux Tessinois en leur offrant des emplois de matelots, d’ouvriers du bâtiment et de contremaîtres de chemin de fer en Nouvelle-Galles du Sud et dans le Victoria.
… Nous avons un sol doré et de la richesse pour le labeur; Notre patrie est ceinte par la mer; Notre terre abonde des cadeaux de la nature; D’une beauté riche et rare…
L’extraction de l’or
Je n’ai pas trouvé le sommeil cette nuit-là, ni bien des nuits suivantes sous cette tente. Je n’avais encore jamais vécu pareille chose. J’avais froid, et le pire était la faim, la multitude de puces et de poux qui rampaient sur moi, sans oublier les souris à mon cou et à mes oreilles toute la nuit.
Impact et héritage




