
Adieu corset, bonjour robe de réforme
Vers la fin du 19e siècle, le corset fit l’objet de critiques de plus en plus vives. On l’accusait d’être dangereux pour la santé et contraignant. En Suisse également, le mouvement des femmes lutta pour imposer la robe de réforme, qui incarnait la liberté de mouvement, l’émancipation et une coupe qui épousait le corps plutôt que de se plier au diktat de la mode.


L’émancipation par le mouvement
Dans la rubrique littéraire, on trouvait des critiques d’ouvrages comme Das Eigenkleid der Frau (1903) («La robe personnelle de la femme»), rédigé par l’architecte d’intérieur et modéliste allemande Anna Muthesius (1870–1961), qui avait rencontré un franc succès. Dans celui-ci, Muthesius dénonçait le fait qu’avec le «corset-armure» (Korsettpanzer), ce ne sont pas les vêtements qui s’adaptent au corps humain, mais le corps qui doit s’adapter à la mode. La nouvelle robe de réforme devait, grâce à sa coupe ample, épouser les formes naturelles du corps et offrir une liberté de mouvement. L’auteure proposait de remplacer le corset par un maillot de corps en guise de sous-vêtement.
L’essor de la robe personnelle
La coupe plus ample et l’aisance au niveau des jambes qu’offrait la robe de réforme furent reprises et développées dans la mode garçonne des années 1920. De nos jours, la liberté de mouvement acquise grâce à la robe de réforme est si évidente et omniprésente que l’on en oublie presque qu’elle trouve ses origines dans un mouvement contestataire.


