Orell Füssli n’imprime pas que les passeports suisses, mais aussi les billets de banque helvétiques.
Orell Füssli

De la Bible au billet de banque

Quand on parle d’imprimerie, on pense naturellement avant tout aux livres et journaux mais moins aux cartes géographiques ou bancaires. Cela vaut donc la peine de passer en revue l’histoire de cette activité aux multiples facettes.

Andrej Abplanalp

Andrej Abplanalp

Historien et chef de la communication du Musée national suisse.

Orell Füssli. Ce nom évoque principalement la littérature ou encore les librairies. Peu de gens sont conscients du fait que tous les Suisses ont un contact quotidien avec cette entreprise. Sortez par exemple votre portemonnaie et regardez attentivement un billet de dix francs. Vous pourrez alors découvrir que le nom Orell Füssli y figure discrètement, en petits caractères. Et voilà, vous venez d’avoir votre contact quotidien ; ce ne sera pas le dernier.

L’impression de l’argent a une longue tradition chez l’entreprise zurichoise. Dès 1848, bien avant l’introduction du franc au niveau national, elle imprimait les premiers billets de banque pour la caisse de prêt et d’épargne du Seebezirk à Uznach dans le canton de Saint-Gall. Plus tard, cette société a imprimé des billets pour la Banque nationale suisse fondée en 1907 et poursuit ses activités dans ce domaine jusqu’à nos jours. Elle a également compté, et compte toujours, plusieurs pays étrangers parmi ses clients. La Hongrie, par exemple, qui a fait imprimer ses billets de banque chez Orell Füssli jusqu’à 1924, ou encore l’Afghanistan et la Turquie.

Les Zurichois n’ont pas non plus perdu de temps dans le domaine de l’argent plastique. Jusque dans les années 1980, l’argent était généralement retiré au guichet d’une banque. Ce n’est qu’avec l’introduction des Eurochèques, encaissable dans l’Europe entière, que le marché a commencé à bouger. Pour les encaisser, il était alors nécessaire de présenter une carte bancaire qui permettait de s’identifier. Celle-ci, en plastique, était dotée d’une bande magnétique et, plus tard, d’une puce électronique. En Suisse, les chèques étaient imprimés par Orell Füssli. C’est cette activité qui a conduit l’entreprise à se lancer dans la production de cartes bancaires.

Certains caractères ont encore été utilisés avant la numérisation.
Orell Füssli

L’entreprise Zurichoise produit aussi des cartes bancaires.
Orell Füssli

À propos de cartes, la production de cartes géographiques est une autre activité de l’entreprise zurichoise. Dès 1525, Christoph Froschauer, bavarois d’origine mais citoyen zurichois depuis 1519, avait commencé à imprimer une carte de Terre Sainte. Réalisée d’après un modèle de Lucas Cranach, elle était intégrée dans la Bible d’Ulrich Zwingli. Les imprimeurs de la première heure remarquèrent rapidement que les cartes étaient très appréciées du public. Au cours du XVIe siècle, la cartographie est ainsi rapidement devenue une branche très importante de l’édition. Il est important de mentionner ici que Froschauer était également l’éditeur de la Chronik der Alten Eidgenossenschaft. Cette oeuvre, parue en 1547, est encore considérée comme une étape clé de l’histoire de l’impression en Suisse. Elle renferme de nombreuses cartes topographiques imprimées grâce à des matrices en bois. Et l’imprimerie Froschauer? Elle changeait de nom plusieurs fois jusqu’à ce qu’elle soit reprise en 1735 par Conrad Orell et Hans Rudolf Füssli.

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