
À l’instar des rois mages
Les barons de Hohenklingen se firent représenter devant l’étable de Bethléem de la même taille que les rois mages. Peint vers 1420, le tableau, qui se trouve dans la crypte familiale à Stein am Rhein, les immortalise dans une mise en scène chevaleresque destinée à les magnifier.
Le cœur de son pouvoir reposait sur la région de Stein am Rhein, là où le Rhin se sépare du lac de Constance: un nœud névralgique de voies de transport. Walter VII von Hohenklingen était protecteur du monastère et de la ville, fournissait une escorte aux marchands et faisait payer d’importants péages sur le fleuve et la route. Il possédait trois ou quatre maisons dans la cité, dont deux comprenaient de vastes terres agricoles, ainsi que le grenier à grain sur le site duquel fut plus tard érigé l’hôtel de ville. Mais c’est le château familial de Hohenklingen, situé sur une arête rocheuse dominant la ville, qui symbolisait le cœur de sa puissance. Il le fit agrandir pour le transformer en une résidence digne d’un seigneur. C’est d’ailleurs sous son commandement que le château prit le visage qu’il a aujourd’hui.


Le cimier dépasse
SI le château représente Hohenklingen et la colline de droite Klingenberg, ce que l’on peut raisonnablement supposer, alors la colline à gauche de l’observateur doit être le Wolkensteinerberg et symboliser l’Annonce aux bergers. Les topographies terrestre et spirituelle se superposent. Cette œuvre se veut une fenêtre sur l’éternité et inversement, une vue du ciel sur le monde actuel.
Un investissement dans le quatrième pilier
Les seigneurs de Klingen
Les seigneurs de Klingen sont l’une des maisons baronniales de Suisse centrale pour laquelle l’on dispose le plus d’archives. Le représentant le plus fameux de cette famille, qui compte de nombreuses ramifications, est le Minnesänger Walter von Klingen de Klingnau, immortalisé dans le codex Manesse. Les sources sont toutefois autant éparpillées que les possessions de la famille et l’on retrouve des traces des barons en Suisse centrale, dans le haut Rhin et au Tyrol. Ce n’est d’ailleurs qu’à partir de 1312 que les lignées des Altenklingen et des Hohenklingen, nommées d’après leurs châteaux forts respectifs, se scindent clairement.
Il est difficile d’identifier les membres mâles de la famille en raison de l’usage exclusif et récurrent des prénoms de Ulrich et de Walter. La branche familiale des Steiner apparaît dans les sources pour la première fois en 1209 tandis que la plus ancienne partie du château de Hohenklingen a été datée de 1219. Le patronyme de Hohenklingen est cité pour la première fois en 1327. Dans la bataille de Sempach, en juillet 1386, on déplore la mort de «zwene ritter von clyngen – deux chevaliers von clyngen». On ne sait d’ailleurs pas avec certitude si le gisant d’un chevalier de Altenklingen qui se trouve dans la chapelle de la Vierge du monastère cistercien de Feldbach bei Steckborn est l’un de ces deux guerriers ou si c’est le dernier représentant de la famille, Walter von Altenklingen.
Lorsque la lignée des Altenklingen s’éteint, en 1394, Walter VII von Hohenklingen hérite du fief du Saint-Empire et fait ajouter les armes des Altenklingen, le lion blanc sur fond noir, sur son blason – le chêne bleu stylisé sur fond jaune. Le tableau qui l’immortalise dans la chapelle des Hohenklingen à Stein am Rhein le représente avec les armoiries des Hohenklingen et le cimier des Altenklingen.
Il est difficile d’identifier les membres mâles de la famille en raison de l’usage exclusif et récurrent des prénoms de Ulrich et de Walter. La branche familiale des Steiner apparaît dans les sources pour la première fois en 1209 tandis que la plus ancienne partie du château de Hohenklingen a été datée de 1219. Le patronyme de Hohenklingen est cité pour la première fois en 1327. Dans la bataille de Sempach, en juillet 1386, on déplore la mort de «zwene ritter von clyngen – deux chevaliers von clyngen». On ne sait d’ailleurs pas avec certitude si le gisant d’un chevalier de Altenklingen qui se trouve dans la chapelle de la Vierge du monastère cistercien de Feldbach bei Steckborn est l’un de ces deux guerriers ou si c’est le dernier représentant de la famille, Walter von Altenklingen.
Lorsque la lignée des Altenklingen s’éteint, en 1394, Walter VII von Hohenklingen hérite du fief du Saint-Empire et fait ajouter les armes des Altenklingen, le lion blanc sur fond noir, sur son blason – le chêne bleu stylisé sur fond jaune. Le tableau qui l’immortalise dans la chapelle des Hohenklingen à Stein am Rhein le représente avec les armoiries des Hohenklingen et le cimier des Altenklingen.


