
La forêt de l’Araignée noire
Dans «L’Araignée noire», nouvelle de Jeremias Gotthelf, il est question d’avidité, de discorde et de la puissance des épidémies. Mais à travers ce texte, l’auteur exprime également son amertume face à la destruction effrénée des forêts bernoises.


Voilà mon château achevé, mais il y manque une chose. L’été est à la porte et il n’y a point d’ombrage là-haut. D’ici à un mois, j’entends que vous me plantiez une allée de cent hêtres en pleine vigueur, que vous irez chercher avec leurs branches et leurs racines au Munneberg. C’est à Berhegen que vous les planterez, et s’il en manque un seul, vos personnes et vos biens en répondront.
À cette époque, l’auteur célébré en Allemagne mais peu apprécié par ses compatriotes de son vivant, connaît une sorte de renaissance. Un projet d’édition intégrale de ses écrits est lancé en 1911, L’Araignée noire étant depuis longtemps reconnue comme un chef-d’œuvre. La nouvelle exerce aujourd’hui encore une certaine fascination. La pandémie de coronavirus a apporté un regain de popularité à cette histoire d’épidémie, portée en 2021 à l’écran par le réalisateur Markus Fischer. De fait, même au XXIe siècle, un large public peut se sentir concerné par les thématiques qu’elle aborde: le pacte avec le diable, les boucs émissaires, le délitement de la société, les relations avec l’étranger et la femme émancipée... Et surtout les attaques de l’homme contre la nature telles que les décrit Gotthelf, et leurs conséquences désastreuses, qui frappent par leur angoissante actualité.
Texte intégral de L’Araignée noire sur ebooks-nr.com
Bande-annonce du long métrage L’Araignée noire, 2022. AscotElite / YouTube


