
La vallée de Binn, entre nature et culture
Depuis des siècles, l’être humain n’a cessé de façonner le paysage, y compris dans des régions isolées comme la vallée de Binn. Quelle est la part de culture dans la nature?
La culture s’immisce dans la nature


Ces interventions humaines ont créé un paysage culturel en harmonie avec la nature. Dans ce type de paysage, il est difficile de distinguer la nature de la culture car l’exploitation humaine du territoire semble naturelle. Pourtant, ce sont précisément ces interventions humaines minimes qui en font des paysages culturels, malgré leur aspect authentique. La vallée de Binn n’est ni «sauvage» ni «naturelle»: c’est une zone d’utilisation diversifiée et finement articulée, que les humains ont façonnée au fil des siècles.

La culture peut-elle disparaître du paysage?
Depuis 1964, une grande partie de la vallée de Binn est protégée. Pour éviter que le tunnel autoroutier ne lui fasse subir le même sort que d’autres régions de montagne et pour empêcher l’«urbanisation» de la vallée, la population a choisi de renoncer aux remontées mécaniques, aux résidences de vacances, à l’exploitation de l’énergie hydraulique et à la construction d’autres routes. En 2011, le Parc naturel de la vallée de Binn, un parc régional d’importance nationale, a vu le jour avec pour objectif la conservation de la nature et du paysage, parallèlement à l’évolution durable de la vallée. L’accent est principalement mis sur le tourisme. Celui-ci mise fortement sur le paysage culturel traditionnel, dont font également partie les surfaces d’utilisation ouvertes. L’embuissonnement doit donc être empêché autant que possible. Des travaux de fauchage, la reprise du pâturage et l’intervention de bénévoles visent à préserver les surfaces ouvertes et à rouvrir les zones déjà embuissonnées. Les humains se rendent dans les champs et les défrichent, non plus par nécessité agricole comme autrefois, mais pour conserver une certaine image du paysage, façonnée par l’être humain et perçue comme esthétique.




