
Esquisses d’un amour
Gustav Gull a placé un double portrait de son épouse Lydia et de lui-même en façade du Musée national Zurich. Ces bas-reliefs n’ont pas été les seules déclarations d’amour de l’architecte star zurichois à sa femme.


Gustav Gull a immortalisé son amour pour Lydia Leinbacher par deux médaillons placés sur l’aile ouest du Musée national Zurich. Les ébauches destinées à la façade du musée sont de Joseph Regl. gta Archiv / ETH Zürich, Fonds Gustav Gull / gta Archiv / ETH Zürich, Fonds Gustav Gull
L’amour, source d’inspiration
La jeune femme encouragea l’architecte à poursuivre son objectif professionnel tout en se faisant discrète: elle ne voulait pas gêner la formation professionnelle de Gull et préférait attendre patiemment le mariage, expliqua-t-elle dans une lettre. Gustav Gull, lui, intégrait pleinement Lydia Leinbacher à sa vision de la vie d’architecte: «C’est depuis longtemps l’une de mes pensées favorites: un jour, tu seras près de moi, avec moi, dans mon atelier, le plus souvent possible, tu me regarderas œuvrer et participeras à mes projets. Et je n’aurai alors pas l’impression d’avoir quelqu’un d’autre à mes côtés puisque ta présence sera comme celle de la meilleure voix de moi-même.»
Une relation à distance, des centaines de lettres


Gustav et Lydia ont déclaré leur amour dans d'innombrables lettres. gta Archiv / ETH Zürich, Nachlass Gustav Gull / gta Archiv / ETH Zürich, Nachlass Gustav Gull


Un foyer pour la famille
Les formes de la villa Rosenegg font directement référence au bâtiment par lequel Gull a lancé sa carrière, et qui a servi de repère architectural pour les projets réalisés par la suite en tant qu’architecte de la ville de Zurich: le Musée national suisse. La partie de la villa occupée par la famille Gull présente un large toit en demi-croupe orienté vers le virage formé par la rue. Gustav Gull avait aussi utilisé cette forme de toiture typique des constructions profanes médiévales dans la partie nord-ouest du Musée national, où se trouvent côté parc, les deux médaillons de son épouse et lui. La salle à manger de la villa Rosenegg, avec ses décors sur les poutres et le plafond inspirés des boiseries sculptées du gothique tardif et l’aménagement de la niche de fenêtre inspirée de bâtiments profanes gothiques, fait allusion aux appartements privés provenant de l’abbaye du Fraumünster et reconstitués au Musée national. La décoration de la pièce comprend non seulement le tableau «La montée en alpage» (1881) de Rudolf Koller, qui était un ami de Gull, mais aussi le «petit bureau» de Lydia Gull, que son mari avait dessiné pour elle en 1901. La villa Rosenegg révèle la conception de l’architecture de Gustav Gull, sa position dans la société, et son idéal familial réalisé aux côtés de Lydia Leinbacher. Maison d’architecte, la villa Rosenegg n’était pas seulement le point focal de la vie de famille, mais aussi la carte de visite du concepteur du Musée national, qui avait installé son atelier au grenier. Ainsi, comme sur les médaillons placés en façade du Musée national, vie privée et vie professionnelle fusionnaient dans l’architecture de la villa Rosenegg.


Entre 1901 et 1902, Gustav Gull construit pour sa famille la villa Rosenegg à Zurich-Fluntern. Il crée pour sa femme Lydia un petit bureau, placé dans la salle à manger de la maison. Photos: gta Archiv / ETH Zürich, Fonds Gustav Gull / Photos: gta Archiv / ETH Zürich, Fonds Gustav Gull
Architekt, Städtebauer, Visionär

Mit der Publikation von Cristina Gutbrod liegt erstmals eine Monografie zu Gustav Gulls Gesamtwerk vor. Seine Bauten und Entwürfe werden auf Zürichs Stadtgeschichte bezogen und in den architekturhistorischen Zusammenhang eingeordnet. Das reich bebilderte Buch enthält Zeichnungen aus dem Nachlass des Architekten, ergänzt durch historische Pläne und Fotografien. Gulls Hauptwerke, seine herausragende Architektenkarriere und seine visionären städtebaulichen Entwürfe für Zürichs grossstädtische Entwicklung werden umfassend dargestellt. Das Buch ist im Schwabe Verlag erschienen.


