
Électrification 2.0.
Le changement climatique contraint la Suisse aussi à adopter rapidement les énergies renouvelables. L’électrique a le vent en poupe, ce qui rappelle la vague d’électrification qui a submergé notre pays il y a fort longtemps, à la fin du XIXe siècle. Peut-on dresser des parallèles avec cette époque? Traversons-nous actuellement une période d’électrification 2.0?


Traversons-nous ainsi une sorte de période d’électrification 2.0? – Oui, tout à fait, affirme Urs Muntwyler. Après avoir géré un bureau d’ingénierie, l’homme est depuis onze ans professeur de photovoltaïque à la Haute école spécialisée bernoise à Burgdorf. Urs Muntwyler compte parmi les pionniers dans le domaine de l’énergie solaire. Il est l’un des fondateurs de la «Tour de Sol», manifestation qui, dans les années 80, présentait chaque été les performances des véhicules électriques. On pouvait alors y voir des prototypes construits par des bricoleurs idéalistes. Des voitures électriques utilisées chaque jour sur les routes suisses? Ce qui était à l’époque le rêve de quelques écologistes est aujourd’hui devenu réalité. L’industrie automobile mise sur l’électricité. L’Union européenne ne veut plus autoriser de véhicules neufs roulant à l’essence ou au diesel à compter de 2035; le changement devrait s’intensifier au cours des prochaines années.


À l’époque, une certaine pression pesait sur la Suisse et cela est toujours le cas aujourd’hui: la première électrification visait à réduire la dépendance vis-à-vis du charbon. C’est également de cela qu’il est question actuellement: pour ne pas être tributaire des importations d’électricité, la Suisse doit initier un changement. Les centrales à gaz à cycle combiné pourraient certes apporter une aide à court terme, mais le gaz est aussi une énergie fossile et il génère du CO2. Le développement à marche forcée du photovoltaïque apporte une solution. Si ce dernier produit d’ores et déjà une quantité nettement supérieure à celle prévue il y a dix ans, les compteurs de l’éolien et de la géothermie sont quasiment à zéro.
Dans le domaine énergétique, nous sommes à l’aube d’un bouleversement historique. Dans ce cadre, il est utile de jeter un regard vers le passé: au début du XXe siècle, la Suisse a fait avancer l’électrification à un rythme extrêmement rapide. Cela représente un atout: le pays profite d’une énergie propre grâce à l’électricité issue de l’hydraulique. Forts de cette expérience, nous devrions aisément répéter le succès d’autrefois, même si nous ne faisons plus figure de pionniers depuis longtemps et qu’il existe quelques freins, assure Urs Muntwyler. Et pour cause: une fois qu’une technologie a été introduite et qu’elle est arrivée à maturité, il est facile d’en tirer des bénéfices.


