
À la recherche de la neige
La Suisse et la neige entretiennent une histoire particulière, qui va du ski à la recherche sur les avalanches. Avec le réchauffement climatique, la neige fond et la Suisse n’échappe pas à ce phénomène. Que s’est-il donc passé? Comment la neige tombera-t-elle à l’avenir? Enquête sur la piste de l’or blanc.
Alors que la neige naturelle devient aujourd’hui une denrée rare, les régions montagneuses souffraient encore récemment d’un excès de neige. Jusqu’au XIXe siècle, la neige était annonciatrice d’une période de stérilité et de privation. On parlait d’«enfer blanc» en raison du danger mortel qu’elle représentait. Les sentiments romantiques suscités aujourd’hui par la joyeuse danse des flocons et les sommets enneigés sont étroitement liés au succès du tourisme hivernal. À l’aube du XXe siècle, une élite anglaise a apporté avec les sports d’hiver une nouvelle source de revenus particulièrement bienvenue dans les montagnes. Cette pratique a été encouragée et, avant la Seconde Guerre mondiale, les Alpes suisses s’étaient déjà imposées au plan national et international comme la destination touristique hivernale par excellence. Promesse d’amusement, la neige en abondance est également l’or blanc des montagnes.
Avalanches
Durant l’hiver 1950-1951, d’énormes masses de neige tombent du ciel, entraînant des avalanches en série. La «mort blanche» fait plus de 250 victimes dans l’arc alpin. Cette catastrophe est l’occasion de relancer les investissements dans la recherche sur la neige. Les efforts se concentrent sur la prévention, mais aussi sur le sauvetage. Si au XIXe siècle, les personnes ensevelies étaient recherchées par des chiens, on mise désormais sur la technologie. L’armée, notamment, fait des expériences à l’aide d’aimants et d’ondes radio. Dans les années 1960, elle teste les premiers détecteurs de victimes d’avalanches en conditions réelles. Un fabricant privé les commercialise avec succès à partir de 1975 sous le nom de «Barryvox». Le légendaire saint-bernard Barry est définitivement relégué au musée.
Carottes de forage
Les carottes de glace permettent d’accéder à ces couches. Elles fournissent des informations sur l’histoire du climat qui remontent bien plus loin que n’importe quel enregistrement humain. La Suisse a largement participé à cette démonstration: le climat a subi des changements beaucoup plus rapides que ce que l’on pensait jusqu’à présent. Depuis que l’humanité brûle des énergies fossiles à grande échelle, la température connaît une hausse sans précédent. La connaissance de la neige, de la glace et des glaciers a contribué à prouver scientifiquement que le réchauffement climatique est bien provoqué par l’homme.
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